Arzacq : une trentaine d’opposants perturbe l’entrée des arènes

Les opposants à la novillada

Les opposants à la novillada

24 février 2014 - Il était environ 14h30 hier quand une trentaine d’opposants à la novillada ont commencé à se diriger vers les arènes d’Arzacq. Bloqués par un mur d’uniformes, les manifestants ne sont pas allés plus loin que le carrefour du collège qui permet d’accéder aux arènes du Soubestre.

Car hier, échaudés sans doute par les débordements observés une semaine plus tôt à Magescq (40), mais aussi instruits par un été 2013 qui avaient vu les anti-taurins très offensifs, les services de l’Etat avaient préféré ne rien laisser au hasard.

Une centaine de militaires et CRS étaient ainsi mobilisés, gardant aussi bien les arènes, que les entrées de la ville. Pour verrouiller le tout, un hélicoptère surveillait même les lieux depuis les airs.

Pancartes et cris

Les opposants se sont postés le long de la route départementale. Ils étaient très précisément 36. La moitié d’entre eux, très jeunes, étaient des membres de l’association Animal Cross.

Armés de pancartes et drapeaux, sanglés dans leur tenue rouge, ils étaient renforcés par des membres d’autres associations comme les militants de la Fondation Bardot. L’essentiel de l’action a donc constitué à brandir des pancartes – « La torture n’est pas notre culture ». « C’est à cause de Manuel Valls que la corrida existe toujours en France mais ce n’est que provisoire. Un jour, il n’y en aura plus » assure ce militant.

C’est à partir de 15h30 que la tension est devenue plus perceptible. Bien que peu nombreux, les militants, très bien organisés, ont étiré une sortie de corridor pour accueillir les spectateurs.

Aficionados inquiets

Ceux d’Animal Cross sont restés silencieux, offrant juste leur pancarte aux yeux du public, mais aussi des automobilistes. Leurs alliés ont souvent haussé le ton. Les parents ou grands-parents qui avaient avec eux de jeunes enfants ont été interpellés sur le thème « vous n’avez pas d’autre spectacle à lui offrir que la mort ? ».

Reste que cette nouvelle action va contribuer à nourrir les craintes du mundillo. Alors que s’ouvre à peine la temporada, les organisateurs de spectacles (en Béarn, Garlin et Orthez en plus d’Arzacq) savent qu’ils devront appréhender de probables mobilisations aux abords de leurs arènes respectives.

Communiquant par les réseaux sociaux, capables d’organiser une manifestation en peu de temps, les anti-taurins s’affirment de mieux en mieux structurés. D’ores et déjà, certains aficionados disent leur inquiétude. Vendredi, la mairie d’Arzacq a ainsi reçu un courriel d’un amateur de corrida s’interrogeant sur l’organisation de l’événement. « Je suis un aficionado qui en a plus qu’assez d’être pris en otage par une poignée d’antis qui ne respectent pas les arrêtés municipaux. A la dernière temporada, j’ai été trop souvent victime (fouilles, insultes, détour pour se rendre aux arènes). Je viens de loin mais si c’est pour être traité comme un délinquant parce que des mesures plus sérieuses ne sont pas prises, je préfère rester chez moi. » Sans doute pas le seul.

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