Trois jours d’actions directes non violentes contre les gaz de schiste en Grande-Bretagne

Désobéissance civile contre les gaz de schiste

Désobéissance civile contre les gaz de schiste

Du 16 au 21 août 2013, à Balcombe dans le sud de l’Angleterre, plus d’un demi-millier d’activistes environnementaux se sont réunis pour protester contre les forages de gaz de schiste. La controverse sur le gaz de schiste au Royaume-Uni n’a cessé de se développer tout au long de l’été, se cristallisant sur le village de Balcombe, où la compagnie Cuadrilla a été autorisée début juillet à forer son puits d’extraction.

Un camp de protestations « Reclaim the power » (reprendre le pouvoir)

L’association environnementaliste No Dash for Gas a décidé d’organiser un camp de protestations près de la ville de Balcombe. L’association a imposé un code de conduite bien précis: pas d’alcool sur le site, mais un mode de vie participatif, notamment pour s’occuper de la cuisine et du recyclage. Plus de cinq cents personnes y ont monté leurs tentes pour participer, cinq jours durant, à des ateliers de réflexion sur les manières de se battre pour l’environnement. De là, le mouvement a coordonné de nombreuses manifestations de désobéissance civile sur l’ensemble du pays le 19 août.

Ce jour-là, des centaines de manifestants se sont occupés de bloquer la route entre Balcombe et Cuckfield ; au même moment, six activistes ont occupé l’agence de relations publiques de la compagnie d’énergie Cuadrilla à Londres, et d’autres le quartier général de Cuadrilla, à Lichfield. L’un des activistes a indiqué avoir été brutalisé par la police lors de la manifestation à Balcombe. Au total, vingt-neuf personnes y ont été arrêtées, pour troubles à l’ordre public et obstruction d’une route. Parmi elles, la députée Vert Caroline Lucas, qui a considéré que participer à la manifestation était la seule option restante pour inciter le gouvernement à prendre en compte l’étendue des problèmes posés par le gaz de schiste.

Des économies au prix de la santé des habitants ?

En effet, le Premier ministre David Cameron, dans la lignée de son ministre des finances George Osbourne, n’a cessé de vanter les mérites du gaz de schiste. En premier lieu, l’extraction du gaz de schiste devrait générer entre 70 000 et 150 000 nouveaux emplois, selon les estimations du gouvernement. En outre, cela devrait permettre au Royaume-Uni de réduire ses importations d’énergie et par conséquent faire chuter les prix de l’énergie, ainsi que ce fut le cas aux Etats-Unis.

Cependant, cela fait maintenant plusieurs années que la sonnette d’alarme est tirée de l’autre côté de l’Atlantique. En 2010, le documentaire Gasland, de Josh Fox, a fait grand bruit en exposant les risques pour la santé que peut causer le processus d’extraction du gaz de schiste. Si envoyer un mélange de sable, eau et produits chimiques dans la roche permet de « fracturer » la roche et ainsi récupérer le gaz (méthane) qui en était prisonnier, cela résulte également en l’infiltration du mélange dans les nappes phréatiques, et les populations vivant aux alentours développent des problèmes de santé.

Qu’en disent les environnementalistes ?

Les problèmes environnementaux sont également nombreux. En dehors de la forte consommation d’eau dont la technique de fracturation a besoin, le gaz de schiste reste une énergie fossile, et pour cela les activistes environnementaux demandent qu’il soit abandonné, au profit d’investissements dans les énergies renouvelables.

D’autant plus que l’argument économique ne serait en fait pas valide. Selon Mark Linder, en charge des relations publiques de Cuadrilla, la baisse de la facture énergétique sera « un très petit pourcentage… à peu près insignifiante ».

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