Maternité des Lilas : une banderole déployée sur le ministère de la Santé

Banderole sur le Ministère de la santé

Banderole sur le Ministère de la santé

7 mai 2014Les larges lettres roses tranchent avec le gris de la façade du ministère de la Santé, à Paris. «La maternité des Lilas vivra», assure la banderole déployée ce mercredi en soutien à cette maternité de Seine-Saint-Denis, qui doit être transférée à Montreuil. Une action bien rodée : les grimpeurs sont passés à l’action pendant que des sages-femmes détournaient l’attention des forces de l’ordre.

Une dizaine d’entre elles se sont présentées à l’entrée du ministère en milieu de matinée, vêtues de blouses violettes, criant «Je veux accoucher à la maternité des Lilas!» ou «ne touchez pas à la maternité des Lilas!». Certaines se sont allongées, mimant un accouchement face à une obstétricienne munie de forceps, les mains gantées recouvertes d’un liquide rouge représentant du sang, comme elles l’avaient fait l’an dernier.



Au même moment, à quelques mètres, deux grimpeurs sont parvenus à installer une échelle contre la façade du ministère, pour déployer la banderole «La maternité des Lilas vivra».

Emblématique de la lutte pour le droit des femmes

«Nous voulons montrer que nous irons jusqu’au bout, nous voulons une réponse, que la ministre Marisol Touraine se positionne pour la reconstruction de la maternité des Lilas aux Lilas», a expliqué Aude Blizak, sage-femme dans cet établissement depuis 2005.

Pilule, avortement, accouchement sans douleur: la maternité, qui pratique 1 500 accouchements par an, est emblématique de la lutte pour le droit des femmes depuis sa création il y a 50 ans. Mais ses locaux sont vétustes et elle devait être reconstruite dans le même quartier. Ce projet a été annulé pour des raisons financières par l’Agence régionale de santé (ARS), qui préconise un déménagement au centre hospitalier de Montreuil.

Le personnel craint de devoir renoncer à la spécificité de son approche. «Si la maternité est transférée à Montreuil, l’équipe sera dispersée et ce sera la fin d’un projet médical», redoute Julie Rivière, obstétricienne. Selon elle, le groupe hospitalier parisien des Diaconesses, qui fait partie du conseil d’administration de la maternité des Lilas, a annoncé son intention de se retirer fin août.

lilas

Un large soutien 

Plusieurs femmes enceintes sont également venues exprimer leur soutien. «Je dois accoucher dans un mois et demi et j’ai choisi les Lilas parce que cette maternité a une excellente réputation. Je bénéficie d’un accompagnement de qualité qui me permet de me préparer à l’accouchement que je veux, que je décide», a ainsi souligné Sophie Darly.

En septembre, trois mille personnes selon les organisateurs, 1 200 selon la police, avaient déjà manifesté aux Lilas (Seine-Saint-Denis). Outre le personnel et des usagers de la maternité, plusieurs personnalités , comme Jean-Luc Mélenchon, coprésident du Parti de gauche, le porte-parole du NPA Philippe Poutou, la députée communiste de Seine-Saint-Denis Marie-Georges Buffet, le président PS du Conseil général Stéphane Troussel, des représentants d’associations, de la CGT et de SUD, avaient participé à la marche dans cette commune limitrophe de Paris.

Plusieurs opérations choc

Pour défendre leur maternité, le personnel n’a pas hésité à plusieurs reprises à faire des opérations choc.

 

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