L'Actualité des luttes désobéissantes - 2007
Des militants décorent ponts et pylones à Rennes
Dans la nuit du samedi 22 au dimanche 23 décembre des militants du collectif d’action Stop Epr / Tht ont réalisé une opération coup de poing sur la rocade de Rennes.
En effet pour informer les citoyens Rennais que la lutte anti EPR et Anti THT est toujours présente en cette fin d’année 2007, des activistes du collectif d’action Stop Epr / Tht ont disposés des banderoles sur des points stratégiques de la rocade rennaise, ponts et pylônes ont été visés. Ces banderoles avaient pour messages « le nucléaire, c’est comme la bougie c’est dépassé » ou encore « Joyeux EPR Noël ».
L’état français et EDF ont décidé de manière non démocratique de construire un troisième réacteur nucléaire (EPR) à Flamanville dans la Manche et une ligne Très Haute Tension (THT) de 400 000 Volts vers l’Ille-et-Vilaine et la Mayenne. Des alternatives sont possibles. EPR THT NON ! Ni ici ni ailleurs !
dimanche 23 décembre 2007 - source
La Police bientôt autorisée à installer des logiciels espions sur les PC
Le gouvernement devrait légaliser les « écoutes » informatiques. Un volet de la loi d'orientation et de programmation pour la sécurité intérieure autoriserait la police à installer des chevaux de Troie.
Hélène Puel, 01net., le 17/12/2007
A l'instar des téléphones, les ordinateurs seront bientôt mis sur écoute. La Police devrait obtenir le droit de mettre sous surveillance les machines des particuliers ou des entreprises dans le cadre d'affaires criminelles ou de délinquance en bande organisée. Le projet soutenu par la ministre de l'Intérieur, Michèle Alliot-Marie, devrait figurer dans la loi d'orientation et de programmation pour la sécurité intérieure (lopsi 2) qui sera présentée en conseil des ministres début 2008. Le texte sera ensuite débattu au Parlement et son entrée en vigueur ne devrait pas intervenir avant plusieurs mois.
L'information révélée ce week-end par Le Figaro a été confirmée à l' AFP par une source gouvernementale pour laquelle il s'agit « d'étendre aux données informatiques ce qui est déjà prévu pour le son et l'image ».
En effet, l'article 706-96 du code de la procédure pénale permet « la mise en place de dispositifs techniques ayant pour objet, sans le consentement des intéressés, la captation, la fixation, l'enregistrement de paroles prononcées par une ou plusieurs personnes (..) ou l'image d'une ou plusieurs personnes dans un lieu privé ».
L'espionnage des ordinateurs serait accordé par la justice dans le cadre d'affaires les plus graves comme la pédophilie, le meurtre, ou les trafics d'armes, de stupéfiants, ou le blanchiment d'argent, etc. Les juges d'instruction et celui des libertés et de la détention auraient la possibilité d'accorder ce pouvoir à la Police dans le cadre d'enquêtes préliminaires.
Un espionnage encadré par la Cnil
L'espionnage électronique pourrait revêtir plusieurs formes. Les policiers pourraient au travers d'e-mails infectés installer des spywares (logiciels espions) sur les ordinateurs suspects et ainsi surveiller à distance les informations stockées sur le disque dur ou les échanges passant par messageries électronique ou instantanée. Les agents pourraient également s'introduire au domicile ou dans l'entreprise et placer un cheval de Troie ou « des clés de connexion, souvent semblables à des clés USB » pour ausculter les machines, rapporte Le Figaro .
Avant que la loi ne soit appliquée, la Commission nationale de l'informatique et des libertés devrait être saisie pour se prononcer sur le sujet. « Lorsque nous avons auditionné Michèle Alliot-Marie il y a quelques jours, elle nous a fait part de son intention de saisir la Cnil pour tous les dossiers concernant la lopsi 2 , commente Yann Padova, secrétaire générale de la CNIL. Nous serons amenés à nous prononcer sur la proportionnalité de la mesure, entre les moyens mis en oeuvre et le but recherché. Nous pourrons également émettre un avis sur les destinataires des informations ou la durée de conservations de ces données ».
La France n'est pas le seul pays européen à souhaiter accéder aux informations stockées sur les ordinateurs des particuliers ou des entreprises. Le gouvernement autrichien a ainsi donné en octobre 2007 un accord de principe à sa Police afin qu'elle puisse espionner les machines de suspects. Un groupe de travail a été mis en place, pour définir les critères d'application de cette loi qui pourrait être appliquée d'ici à l'été 2008.
Ici comme en France, plusieurs questions restent encore sans réponse : les logiciels de la police pourront-ils passer à travers les mailles du filet des outils antispyware ? Enfin, en cas de désactivation de ces derniers, quelle sera la responsabilité des forces de l'ordre si des données sensibles ou personnelles sont dérobées par un pirate informatique pour une utilisation frauduleuse ?
Source et commentaires sur la question
Sur portable d'écoutes
Nous sommes 49 millions en France à avoir cédé aux joies du téléphone portable,
Une aubaine pour Orange, Bouygues, SFR et consorts.
Mais aussi pour la police.AVANT, poser une écoute était compliqué. Avec le portable, plus besoin d'aller mettre une bretelle dans un hall d'immeuble. Grâce au tout-numérique, « brancher » un téléphone se fait en deux temps trois mouvements. D'abord, le policier doit convaincre le juge, qui, débordé par une bonne centaine de dossiers en cours, ne se fait généralement pas trop prier pour donner son feu vert. Une fois la commission rogatoire en poche, valable quatre mois, reste à la faxer à l'opérateur de téléphonie chez qui la « cible » est abonnée.
Dès lors, la manip' est simplissime : le portable voit sa ligne automatiquement dérivée vers le central d'écoutes. Tous les services de PJ en ont un, qui fonctionne avec du matériel loué à l'année à des sociétés privées. En pianotant son code personnel sur son propre mobile, le policier va pouvoir écouter en « live » le portable branché. Et, comme sur son iPod, il peut faire des retours en arrière pour se repasser les meilleurs morceaux de l'enregistrement.
Coût d'une écoute sur un téléphone mobile: 700 euros par mois dans la poche de l'opérateur, réglés par le ministère de la Justice.
Fini les planques
«Grâce au portable, on a moins besoin de se lever à l'aube et de se coucher à pas d'heure pour faire des planques», se réjouit un officier de police judiciaire.
Sans avoir besoin de mettre le juge au parfum, avec une simple réquisition téléphonique faxée à l'opérateur le policier reçoit sur son ordinateur, la «fadet», autrement dit la liste sur un an de tous ceux qui ont appelé ou été appelés par ledit portable.
Un clic de souris, et s'affichent sur l'écran toutes les relations de boulot, les amis, la famille, mais aussi le coiffeur, le médecin ou le banquier de l'heureux branché.
En faisant tourner un petit logiciel, l'OPJ peut même s'amuser à faire des statistiques sur la fréquence des appels, et découvrir ainsi qui sont les meilleurs copains ou copines.
Plus besoin de "filoches"
Sans sortir de son bureau, un policier peut suivre les déplacements du portable qui sert de mouchard. Quelle rue - à quelques mètres près - son «client» a empruntée et à quelle heure, dans quel café il est allé prendre son petit noir, ou encore qui il a croisé et à quel moment, etc.
Une mine d'infos que l'opérateur garde au chaud pendant un an (tout comme la fadet), au cas où la police en aurait besoin.
Le tout mis sur DVD et mouliné avec un petit logiciel maison. «Si je veux savoir si untel ou untel a croisé mon client, pas de problème : j'entre les noms, et l'ordinateur me donne la réponse, en précisant quand, où, combien de fois et combien de temps», détaille le même poulet.
En plus, ça fait micro
La loi dite «Perben II» (qui modifie la loi sur les écoutes téléphoniques de 1991) a autorisé la sonorisation.
En clair, la pose de micros, que les services de PJ pratiquaient jusqu'alors en catimini et à la barbe des juges. Ça tombe drôlement bien puisque tous les portables sortis récemment peuvent être transformés en micro. Il suffit que l'opérateur envoie un code informatique pour déclencher à distance le mode « écoute discrète » (à condition que le portable reste en veille). Le policier peut alors entendre tout ce qui se dit dans la salle à manger, le bureau ... Magique, non?
On n'en saura rien
Sur les 27 000 écoutes autorisées chaque année par les juges et les 4 millions de réquisitions téléphoniques, un grand nombre d'écoutés n'en sauront jamais rien. Le policier dira au juge que la ligne « n'a rien donné ». Pour la plupart citoyens lambda, le seul fait de posséder un mobile les aura rendus facilement «espionnables». Car un juge peut signer une commission rogatoire autorisant une écoute sur n'importe quel quidam s'il pense qu'elle peut concourir à la manifestation de la vérité. Autant dire que ça fait potentiellement du monde. Quant aux voyous, même s'ils en connaissent les risques sur le bout des doigts, il leur arrive encore de se faire pincer à cause d'un portable. Encore heureux ...Jérôme Canard
Le Canard enchaîné - 5 décembre 2007Grandes oreilles
IL y a des écoutes que les juges ne voient jamais passer. Les «administratives», comme on les appelle. Cinq mille par an (très exactement: 5 985 l'an dernier), autorisées par Matignon pour le compte des ministères de l'Intérieur, de la Défense et des Finances. Les grandes oreilles de l'Etat sont planquées dans les sous-sols de l'hôtel des Invalides à Paris. D'après les policiers eux-mêmes, le nombre d'écoutes administratives exploserait depuis que Sarko est à l'Elysée. Mais, bien sûr, c'est uniquement pour lutter contre le terrorisme. D'ailleurs, sur le papier, depuis le scandale des écoutes de l'Elysée sous Mitterrand, tout est sous contrôle. Une commission indépendante, composée d'élus de tous bords, vérifie lés demandes. Evidemment toutes classées «secret-défense». L'an dernier, par exemple, elle a retoqué 38 demandes d'interceptions.
Mais le fin du fin en matière d'écoutes, ce que ni les juges ni la commission ne voient jamais passer, ce sont les interceptions hertziennes. Encadrées par aucune loi. Une valise d'interception glissée dans le coffre d'une voiture permet de récupérer toutes les conversations téléphoniques des portables alentour. Un matériel dont se sont discrètement dotés la DGSE, la DST mais aussi les RG, toujours à l'écoute du progrès.Le Canard enchaîné - 5 décembre 2007
Des jeunes militants chassent le criminel de guerre Yaalon de la Maison du Barreau de Paris !
Aujourd'hui, un groupe de militants de Génération Palestine et de la CCIPPP se sont invités au colloque organisé à la Maison du Barreau, par les associations France-Israël et Avocats sans frontières, accueillant, entre autres figures de l'extrême droite israélienne, Benyamin Netanyahu et le criminel de guerre Moshé Yaalon. Cet ancien chef de l'Etat Major de l'armée israélienne est sous le coup de plusieurs plaintes aux Etats-Unis, au Royaume-Uni et en Nouvelle-Zélande pour répondre des crimes de guerres des forces d'occupation israéliennes en Palestine. En cette Journée internationale des droits de l'Homme une réunion de la sorte est d'autant plus intolérable.
Ces militants ont manifesté et déployé un drapeau palestinien sur la façade du lieu dans lequel se tenait cette réunion. De plus un militant, excédé par la provocation, est monté sur le toit de la Maison du Barreau et menacé de se jeter dans le vide forçant ainsi les pompiers et la police à investir les lieux. L'ensemble des participants, et notamment le Général Moshé Yaalon et Gilles-William Goldnadel, président des associations organisatrices, ont dû quitter les lieux sous la pression des militants et suite à l'intervention du Sous-Préfet et du Bâtonnier de Paris. Ces militants ont déclaré : « Nous voulons réaffirmer qu'une telle réunion et ces invités ne sont pas les bienvenus dans notre pays tant qu'Israël n'aura pas retiré son armée des Territoires Palestiniens Occupés, levé le siége sur la bande de Gaza, et tant que ses dirigeants n'auront pas purgé les peines de leurs crimes de guerre. Nous voulons affirmer au Président Nicolas Sarkozy, et à l'ensemble des dirigeants européens, que leurs pays devraient refuser de tels hommages à la politique illégale et meurtrière d'Israël. Tant qu'Israël refusera de se conformer au Droit International, notre gouvernement doit mettre fin à la coopération de la France avec Israël, notamment la coopération militaire. La France doit faire pression pour que cette position soit celle de l'Union Européenne ».
Si Moshé Yaalon est remonté dans sa berline sans être inquiété, les militants présents lors de cette action ont tous été arrêtés avant d'être relâchés dans l'après-midi.
Communiqué de Génération Palestine, le 10/12/07
Contact presse : Thomas 06 98 78 19 19
L'action en images
Tapis rouge sang pour H. Védrine !
Communiqué www.genocidemadeinfrance.com
Photo Dragan Lekic / GammaVoir l'article et les videos de rue89
Paris, le 28 novembre 2007.
Cercle national des Armées - 8 place St Augustin 75008 Paris - 8h30L’ancien Ministre Hubert Védrine, complice du génocide des Tutsi au Rwanda, a été accueilli ce matin à Paris par une vingtaine de militants qui l’ont aspergé de sang, en mémoire des victimes du dernier génocide du vingtième siècle.
Secrétaire général de l’Elysée de 1991 à 1995, Hubert Védrine faisait partie du conseil de défense restreint en charge de la définition de la politique française au Rwanda. A ce titre, il a soutenu l’engagement politique, financier et militaire de la France aux côtés des génocidaires de 1994. Loin d’éprouver le moindre remords, Hubert Védrine est aujourd’hui encore de ceux qui nient la complicité des autorités françaises de l’époque dans la réalisation même du génocide. La France a pourtant entraîné et équipé les forces armées rwandaises et les milices interahamwe, agents principaux de l’extermination de plus d’un million de Rwandais.
“L’impunité dont jouissent encore aujourd’hui les complices français du génocide de 1994 est une insulte à la mémoire des victimes”, s’indigne Xavier Renou, porte-parole du collectif Genocide made in France. En couvrant de sang M. Védrine, nous avons voulu rappeler que la place des complices de crimes contre l’Humanité est en prison et non dans les salons militaires.”
Contact : Xavier Renou, porte-parole du collectif Génocide Made In France, 06 64 18 34 21
Remise du prix Nobel de la Guerre à Donald Rumsfeld ce matin aux abords de l’Elysée
Paris, le 26 octobre 2007, 8h30 AM.
L'ancien Ministre de la Défense américain Donald Rumsfeld est ce matin l’invité du magazine Foreign Policy au Cercle Union Interallié du 33 rue du Faubourg Saint Honoré, qui jouxte le Palais de l’Elysée. Selon des sources proches de l’ambassade américaine, il aurait prévu d’y rencontrer une personnalité politique française de premier plan. Pour y parler d’une offensive contre l’Iran ?
Profitant de l’occasion, un groupe « d’admirateurs » a tenu à lui remettre ce matin le prix Nobel de la Guerre pour l’ensemble de son œuvre, et notamment pour :
1. son implication dans le déclenchement de la guerre la plus dévastatrice qui soit des dernières années, en Irak, qui a causé la mort de plus d'un million de personnes et détruit pour longtemps les perspectives de développement de ce pays. C’est également Donald Rumsfeld qui a systématisé la pratique de la torture et de l’emprisonnement arbitraire à Guantanamo et Abu Ghraib.
2. son implication dans la décision prise en 2001 par George Bush de conférer aux armes nucléaires un nouveau rôle, celui d’une arme du champ de bataille. C’est en effet D. Rumsfeld qui supervisa le développement des mini-nukes, ou bombes nucléaires à puissance réduite (donc plus acceptables des opinions publiques et plus adaptées aux frappes contre des pays non nucléaires). Ces armes qui pourraient être utilisées contre la population iranienne en cas de guerre avec ce pays.
« La France s’est enorgueillie de n’être pas allée en Irak, explique Xavier Renou, porte parole du Collectif « non au missile M51 », mais elle s’aligne aujourd’hui sur la politique américaine en menaçant de guerre l’Iran, en développant comme les Américains un programme d’armes nucléaires d’attaque, avec le missile M51, et maintenant en recevant discrètement un criminel de guerre qui devrait être traduit en justice ! »
Contact : Xavier Renou, porte-parole du Collectif « non au missile M51 », 06 64 18 34 21.
et Auteur de La Privatisation de la Violence (Agone 2006)Plus d’informations sur les campagnes et la composition du collectif : http://www.nonaumissileM51.org
Communiqué du Collectif « non au missile M51 »
"On a encerclé Donald Rumsfeld avec des os en plastique !"
Ce vendredi matin, lors d'une visite discrète à Paris, l'ancien secrétaire américain à la défense a été accueilli par des activistes pacifistes.
"Il est arrivé à pied, avec peu de protection, on a été surpris", raconte au Post Xavier Renou, le porte-parole d'un collectif de pacifistes. "On l'a encerclé à une quinzaine de personnes, en criant 'criminel de guerre' et en agitant des os en plastique. Mais très vite, les gardes du corps l'ont fait rentrer dans le bâtiment.""On voulait lui remettre le prix Nobel de la guerre", symbolisé par les ossement s factices, ajoute le militant anti-nucléaire, qui a attendu avec ses codisciples que Donald Rumsfeld ressorte du bâtiment. En vain.
C'est surprenant mais c'est bien vrai : l'ancien homme fort de George W. Bush est venu à Paris, ce matin vers 9 heures, pour participer à une conférence au cercle interallié, à quelques pas de l'Elysée à Paris. A priori, une simple espace de discussion sur les relations internationales.
"Rumsfeld vient en France en catimini et cela nous étonnerait bien que cela ne soit que pour faire un exposé à deux douzaines de personnes, soupçonne Xavier Renou, le porte-parole du collectif "Non au missile M51". "Nous pensons qu'il va aussi rencontrer des personnes plus importantes, probablement pour parler de l'Iran ou de l'Irak."
Que reprochent ces pacifistes à Donald Rumsfeld ? "D'avoir réhabilité l'arme nucléaire comme arme du champ de bataille, en développant les "mini-nukes"", ces bombes atomiques miniatures qui sont évoquées dans les articles sur une possible attaque américaine des Etats-Unis contre l'Iran, par exemple.
Au même moment, Donald Rusmfeld est poursuivi pour torture : c'est la raison pour laquelle la Fédération internationale des droits de l'Homme vient d'arriver devant le siège la conférence rue Saint-Honoré. La FIDH a déposé hier une plainte contre M. Rusmfeld pour torture, en citant les cas de la prison irakienne d'Abou Ghraib, le camp de Guantanamo ou les interrogatoires secrets de la CIA.
Rumsfeld doit être arrêté pendant sa visite à Paris, demandent la FIDH et trois autres associations.
L'ancien secrétaire à la défense pourrait être poursuivi... au déjeuner, selon les militants pacifistes, qui aimeraient continuer à gêner la visite de M. Rumsfeld ce vendredi.
Par La rédaction du Post (lepost.fr), le 26/10/2007
Une mobilisation non violente réprimée avec la plus grande brutalité
Samedi 13 octobre 2007
Le soleil brille sur Rennes. Nous sommes un peu à la bourre pour nous rendre au Centre de Rétention Administratif de La Plaine St Jacques en vue de l'installation d'un campement de protestation. Route coupée, nous finissons le parcours à pied. Devant le centre, des tentes "2 secondes" sont déjà déployées 350-400 personnes participent au rassemblement. Au mégaphone, se succédent des témoignages sur les conditions de vie dans le CRA, le quotidien des sans papiers, la réalité des rafles.
A 100 métres de là, se tient le salon de l'habitat. Nous décidons de nous y rendre pour tracter, informer les gens, sensibiliser. Le public est plutot receptif -excepté les non-concerné-e-s, comme d'habitude (quand ils sont venus me chercher, il n'y avait plus personne pour protester!) - certain-e-s iront même se rendre compte par eux même de la réalité du crime d'êtat. Beaucoup ne savent pas qu'à 100 métres du lieu où ils assouvissent leur besoin de consommation, des innocent-e-s sont enfermé-e-s, la plupart ignore que des enfants, parfois de l'age des leurs, ont des barbelés comme limite à leurs terrains de jeu, beaucoup ignore les rafles, les quotas, la politique systématique de la traque et de l'enfermement des sans-papiers, le fichage ADN. "Ah bon! et des centres de rétention, il en existe dans toute la France?" s'interroge cette personne, visiblement de bonne foi. Au mégaphone, on appelle à faire pratiquer des tests ADN sur les enfants, on offre des week-end gratuits au club Sarko, on suggere de boucler la France, car pour 6 milliards de personnes, les 60 millions de français-e-s sont des étranger-e-s. L'ambiance est plutot bon enfant. Un groupe de gendarmes surveille de loin, je vais discuter avec eux, savoir ce qu'ils en pensent. Discussion cordiale, nous sommes chacun dans nos roles.
Fin du salon, nous décidons de bloquer la sortie du parking pour obliger les automobilistes à prendre l'autre sortie, celle qui passe devant le centre de rétention. Le groupe de gendarmes s'interpose, nous discutons avec, et comme, a priori, l'autre sortie est bloquée, nous laissons passer les voitures. Dans le flot des automobiles, deux dames, croisées précèdemment, sont allées au rassemblement devant le centre de rétention et nous remercie de les avoir informées. Plus de voiture, le temps est venu de retourner devant les grilles du CRA. Discussion ubuesque sur le chemin du retour avec un conducteur de 4x4 qui cherche à faire une maison "haute qualité environnementale"
Retour devant le CRA, la nuit commence à tomber. Décision est prise de tenir la place jusqu'à l'évacuation. Deux RG sont appuyés sur une barriére, j'entame le dialogue pour connaitre les intentions des forces de l'ordre, d'autant que des renforts de CRS sont arrivés sur place. Je comprends vite, par sous-entendu, que nous ne passerons pas la nuit ici. Les breton-ne-s venu-e-s du Finistère en car nous quittent, les rangs des manifestants sont plus clairsemés, il doit rester entre 100 et 150 personnes, isolées de tout, plus aucun média n'est présent. Assi-se-s par terre, nous attendons calmement. Aucune violence, aucune agressivité dans nos rangs.
Ca bouge du côté du CRA, la nuit est tombée, le premier flot de CRS sort, projecteur braqués sur nous. Un cordon sur le côté, un en face. Leur mégaphone est en panne, tant pis, il n'y aura pas de sommations. Nous sommes toujours assis pacifiquement et sans violence quand ils commencent à avancer faisant preuve d'une brutalité dépassant l'entendement. J'ai appris, par hasard, qu'il y avait un match de rugby ce soir, certainement ne veulent ils pas le louper.
Assis par terre, j'attends. Les CRS continuent leur répression féroce et bientot mon regard ne peut plus se porter que sur des boucliers ou des rangers. "Dégage" vociférent ils. Je ne réponds pas à leur injonction alors, rapidement je me sens agrippé par une puis deux puis trois mains - ils seront jusqu'à 8 pour déplacer mes 75 kg. Je ne touche plus terre, suis amené une trentaine de mêtres plus loin, remis sur pied. La gazeuse à bout touchant, directement dans les yeux, le bruit "pschiii", la brulure est immédiate, 5 secondes?, 10 secondes? vont ils la vider sur moi? et les premiers coups pleuvent. J'arrive aveuglé à me retirer, gagner 5 à10 mêtres pour rejoindre la foule hébétée mais toujours pacifique et non violente des autres manifestant-e-s, éviter la BAC, cachée derrière un abribus . Ma progression est plus lente, toujours aveuglé que je suis. "Celui là, il nous a fait chier" entends je derrière moi, bruit des rangers qui accélèrent, le premier coup de matraque est amorti par mon sac à dos. Ils sont trois autour de moi, à faire pleuvoir leur matraque, acharnement sur les genoux, par devant, par derrière, sur les épaules, les bras. "Ta gueule, avance" est la seule réponse à mes tentatives pour les raisonner. La violence des coups, la hargne et l'agressivité dégagée ne laissent aucun doute sur leur volonté de faire mal, puis ils me lachent, une autre proie sans doute. Retention, gaz, violence arbitraire, le parfum de Vichy se mêle à celui du lacrymo.
On se cherche, on se retrouve. Emelie, gazée largement aussi (ses vétements sont imbibés de gaz), matraquée, tabassée, a pris un sale coup sur la main - elle ira dimanche à l'hopital-, Mathias lui a gouté aux rangers, nombre d'entre nous portons les séquelles de l'ultra-violence policière. Pas de collyre, ces vieux réflexes m'ont quittés et je m'en veux. Une jeune femme, équipée, me nettoie les yeux, je ne suis pas le seul à demander ses services. Les brulures du visage, du cou continuent, la douleur des coups reçus commence à se faire sentir mais il ne faut pas s'arrêter, la meute de CRS toujours à nos trousses a accèleré la cadence -l'heure du match doit approcher-, nous continuons à évacuer toujours sans violence, sans bousculade. Des refrains "antiflics" fusent, des slogans "Pétain-reviens-t'as oublié tes chiens" sont scandés, Moi, "Hexagone" me trotte dans la tête " les matraqueurs assermentés qui fignolèrerent leur besogne". La poursuite s'arrête dans le centre ville de St Jacques de la Lande, La BAC croisée ultérieurement veille. Fin de l'évacuation.
Ils nous faut récupérer les voitures, nous devons être à 4 km du lieu où elles sont garées, la ballade a duré longtemps. trajet à marcher le long de la 4 voie. J'ai connu plus sécuritaire comme itinéraire.
Retour à Rennes, la douche et les brulures inhérentes au gaz, état des corps. Vague coup d'oeil dans le miroir ,pas beau à voir,mais eux peuvent ils se regarder dans un miroir. La main d'Emelie a doublé de volume, elle ne peut pratiquement plus s'en servir, mon genou aussi a sérieusement enflé. Les hématomes apparaissent, "Ah là aussi, ils ont cogné" c'est bien des dizaines de coup de matraque que nous avons reçus. On verra ça demain après une nuit de sommeil. Ce soir, des innocent-e-s, hommes, femmes, enfants dormiront encore derrière des barbelés, mais eux, comment peuvent ils trouver le sommeil, vivre normalement après tant d'ignominie.
Dimanche 14 octobre
Retour vers les Landes. Le sac à dos ravive la douleur de mon épaule endolorie, la marche vers la gare me rappelle l'acharnement sur les genoux, dont l'un a encore enflé.
Dans le train, je me remémore les événements de la veille, processus de pensée. Oui, je continuerai à diffuser la culture de la non-violence, car me changer, changer mon ame, faire pousser en moi la haine serait leur victoire. Oui, je continuerai à lutter de façon pacifique et non-violente contre leurs lois iniques et racistes, car jamais je ne légitimerai leur violence. Envie de pleurer, mais ça n'a plus rien à voir avec les gaz. Savoir que j'ai laissé derrière moi, impuissant, des êtres humains enfermé-e-s, me demander comment d'autres êtres humains peuvent faire preuve d'autant d'inhumanité, de violence gratuite, de haine froide.
Nous avons attaqué le tabou des tabou, ce dont on ne parle jamais dans les médias, ce qu'on veut taire, passer sous silence, la main tendue à l'extrème droite, le visage fascisant de la France d'après. Cela doit etre impardonnable dans la France sarkozyste pour mettre autant de zéle à vouloir nous faire taire.
Samedi prochain, manifestation nationale dans les villes de France, pour les sans papiers, pour que la solidarité ne soit pas un délit. J'y serai, à Bordeaux, ne pas oublier le collyre.
Jean-Charles
APPEL A TEMOIGNAGES
Le 17 octobre
Salut à tous, Salut à toutes
Je viens d'avoir des nouvelles d'Emelie, tabassée par les CRS lors du rassemblement au centre de rétention de Rennes. Elle est platrée jusqu'à l'épaule avec un poignet fracturé et 1 mois d'ITT. C'est la plus sérieusement touchée d'entre nous. Moi, j'ai encore les paupières brulées, un pet au cervicale qui a du mal à passer et un genou encore amoché. Pas de nouvelles des autres.
Pour Emelie, nous ne pouvons pas laisser passer ça.
Si des personnes peuvent nous aider à monter le dossier juridique (une plainte va être déposée), connaissent des gens présents au rassemblement et qui acceptent de témoigner, ont des photos, des images montrant la barbarie policière, merci de nous le faire savoir.
Vous pouvez, si vous le souhaitez, envoyer des messages de soutien à Emelie emelie.hobbelman(a)hotmail.fr (ça répare pas le préjudice, mais ça fait toujours du bien), elle en aurait besoin.
L'intolérable ne fait que commencer, c'est tous ensemble que nous devrons nous soutenir.
Vive la démocratie, celle qui brandit la matraque, face à des pacifistes,
T’es pas d’accord, on te frappe : Iam : la fin de leur monde
Non aux escalades guerrières ! Pour un monde solidaire sans armes nucléaires
L'Appel en ligne à signer maintenant, sur le site du Mouvement de la Paix
Monsieur le Président,
Je suis inquiet(e) des projets de votre gouvernement en matière de sécurité et de défense et des récents propos de M. Kouchner, appelant à se « préparer au pire », à une « guerre » contre l’Iran, propos doublés d’une véritable croisade pour faire adopter des sanctions contre l'Iran, « séparées des sanctions aux Nations unies ».
Cette attitude rompt avec la stratégie engagée jusqu’alors avec nos partenaires européens, qui différait de celle de George Bush, partisan de la manière forte avec l’Iran. Ce brusque alignement de la diplomatie française est d’autant plus stupéfiant que dans son rapport récent, l’Agence Internationale de l’Energie Atomique (AIEA) estime avoir franchi « un pas en avant significatif » concernant les inspections et la transparence des programmes nucléaires iraniens. Passer outre l’Onu et mettre en cause les efforts de l’AIEA, fragilisent les négociations en cours et le système de sécurité international.La prolifération nucléaire menace la survie de l’humanité. Seul un processus global de désarmement nucléaire peut répondre à ces risques de prolifération. Monsieur le Président, c’est à cet effort urgent que la France doit se consacrer. Menacer d’une guerre sous prétexte de manquements au Traité de non-prolifération, quand la France contrevient elle-même à ce Traité en poursuivant de nouveaux programmes nucléaires, est un crime contre la raison, la justice et la paix.
Dans le même temps, vous appelez à une intégration plus poussée de la France et de l’Europe dans l’Otan, à augmenter les ventes d’armes et à accroître les dépenses militaires des pays de l’Union européenne. Ces politiques vont accentuer la militarisation des relations internationales, relancer une nouvelle course aux armements et nous entraînent vers les pires confrontations.
Monsieur le Président, la France a tout à perdre, dans ces orientations militaires et ces démonstrations d’allégeance atlantiste. Pour sa sécurité et son honneur, je vous demande au contraire de mettre tout en œuvre pour renforcer l’Onu et le système de sécurité international, relancer les processus de désarmement et construire une Europe active pour la paix du monde.
La pétition à imprimer pour ceux qui n'ont pas internet (fichier doc 39 Ko)
English version of this petition for a world without nuclear weapons
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Citoyens agissant contre l'EPR et la ligne THT
Communiqué de presse - Cotentin / Maine / Ille-et-Vilaine - Samedi 13 octobre 2007.
Pour la première fois, des citoyens de 3 départements, opposés à l’EPR et la ligne très haute tension (THT) Cotentin/Maine, s’expriment sous des pylônes, simultanément.Des citoyens, de la Manche, de l’Ille et Vilaine et de la Mayenne, sont réunis ce samedi sous (et sur) une dizaine de pylônes des 3 départements traversés par la ligne THT déjà existante, pour marquer leur désaccord au projet d’une ligne THT supplémentaire.
Les manifestants, de tous âges et tous horizons sont rassemblés, avec des banderoles, pour convier la population à redire non à l’EPR et à la ligne THT à Ernée (en Mayenne) le 20 octobre prochain.
Les actions de cet après-midi font suite à de nombreuses autres. En effet cette semaine, des militants anti-EPR ont occupé l'entrée du Conseil Général de la Manche lundi dernier. En Mayenne, des dizaines de citoyens ont peint, de nuit, environ 80 trèfles radioactifs géants sur les routes longeant le projet de ligne THT, avec le message "Danger THT". Hier, vendredi, des pylônes ont été occupés symboliquement et décorés de banderoles en sud-Manche et Mayenne. Cette nuit et ce matin, au moins 5 autres pylônes (près de Chateaubourg, près de Janzé, au Pertre, près de Fougères, en Manche) ont été "visités" par des grimpeurs qui y ont installé des banderoles en hauteur.
Ces actions sont diffuses, déterminées parfois spontanées mais toujours non-violentes. Elles sont le symbole d'une population qui résiste à ces projets anti-démocratiques et anti-écologiques. Ces actions en appellent d'autres de plus en plus fortes et déterminées si les projets EPR et THT ne sont pas annulés.
Les acteurs et soutiens de ces actions demandent aussi aux élus locaux d'écouter les citoyens et les associations qui réclament simplement de la démocratie. Des délibérations ont été prises et vont être prises dans beaucoup de communes, elles doivent être respectées.
La solidarité entre territoires doit aussi être au cœur des engagements des élus en place et à venir. Ne pas vouloir la ligne chez soi et la tolérer chez le voisin n’est pas acceptable.Cet appel citoyen spontané et pacifique veut signifier à RTE (Réseau de Transport de l'Electricité), EDF, AREVA et aux autorités que les populations sont aujourd'hui prêtes à désobéir à leur domination.
Non à la ligne THT, non à l’EPR, ni ici, ni ailleurs.
Contact presse : 06.59.23.20.49
http://www.stop-tht.org
Michèle Alliot-Marie : "Je compte tripler le nombre de caméras de vidéosurveillance d'ici fin 2009"
LE MONDE 12.10.07 - Vous venez de recevoir un rapport sur la vidéosurveillance qui propose le triplement du nombre de caméras installées sur cinq ans. Allez-vous suivre ses conclusions ?
La vidéosurveillance est une nécessité face au terrorisme, et un atout contre l'insécurité. Je veux la développer. Je compte donc tripler le nombre de caméras en moins de trois ans, d'ici à fin 2009, sur la France entière. La RATP, qui est déjà équipée, devra porter leur nombre à 6 500, en améliorant la qualité des images disponibles pour la police. En province, sur 230 villes, seules 53 sont raccordées aux centres de commandement de police. J'ai chargé les préfets d'encourager le transfert des images de vidéosurveillance dont disposent les municipalités, d'ici à la fin de l'année. Le ministère prendra à sa charge les frais estimés à 4 millions d'euros.
Ce projet entre dans ma stratégie pour faire du ministère de l'intérieur un grand ministère moderne de la sécurité intérieure utilisant les technologies les plus novatrices, y compris la vidéosurveillance, doté d'une direction capable d'anticiper les évolutions de la délinquance et des risques naturels, acteur majeur de l'Europe de la sécurité que je veux développer comme je l'avais fait pour l'Europe de la défense.
La vidéosurveillance, demain les drones au-dessus des zones urbaines, cela ne fait pas beaucoup ?
Les derniers attentats à Londres ont été évités grâce à leur système de vidéosurveillance, dix fois plus développé que le nôtre. En France, la vidéosurveillance est restée à un état relativement embryonnaire. Cette situation était le fruit d'une méfiance due à une méconnaissance et à une sous-estimation des problèmes de sécurité. Les esprits ont évolué. L'opinion publique est prête. J'ai pu constater que les maires de droite comme de gauche sont de plus en plus conscients de l'appui à la sécurité que ces moyens peuvent apporter. Beaucoup de progrès ont été accomplis pour protéger la vie privée : sur les bandes vidéo, un cache occulte automatiquement les fenêtres des habitations, par exemple.
Je serai particulièrement vigilante à ce que la sécurité des Français soit toujours assurée dans le respect de leurs libertés. Les drones, ces avions sans pilote qui filment et retransmettent, répondent, eux, à des problèmes plus ponctuels, de surveillance et de sécurisation de grands événements par exemple.
Ce ministère moderne que vous voulez, c'est le tout-technologique ?
Non. Je veux regrouper dans ce ministère tous les moyens humains qui agissent pour la protection des Français, jusqu'aux gardes-chasses ! J'entends valoriser le rôle des forces de sécurité, renforcer la formation - y compris la formation permanente pour favoriser la promotion professionnelle et sociale. Je veux renforcer la motivation en permettant que chacun exerce pleinement ses compétences, son savoir-faire, dans le respect de son identité. Il faut que les gendarmes conservent leur statut militaire. Cela n'empêche pas des mutualisations plus nombreuses avec la police. Pour la première fois, le centre d'entraînement de la gendarmerie à Saint-Astier, en Dordogne, sera ainsi ouvert aux policiers.
Enfin, les forces mobiles, CRS et gendarmes, doivent être réellement mobiles. La vocation des CRS n'est pas d'être positionnés en permanence en Seine-Saint-Denis ni de garder les centres de rétention administrative. J'ai demandé à ce sujet un rapport au directeur général de la police nationale.
Vous évoquiez une direction de la prospective. Quel serait son rôle ?
La délinquance évolue en même temps que la société. La disparition ou l'affaiblissement de partis extrémistes, à droite comme à gauche, risquent - c'est ce que je crains - de s'accompagner de la résurgence de groupes violents très radicaux. Nous devons anticiper. Le rôle de cette direction sera de prévoir, en liaison avec les centres de recherche, ces phénomènes et de proposer les moyens d'y répondre.
Les statistiques de la délinquance sont-ils des indicateurs fiables ?
Un peu comme les sondages, au-delà du chiffre brut, ce qui compte c'est la tendance. Je constate d'ailleurs que selon l'Observatoire national de la délinquance qui vient de rendre public ces chiffres, cette tendance est à une très forte baisse en septembre de la délinquance générale - 7,65 % par rapport à septembre 2006. C'est le meilleur mois de septembre depuis 1995 ! Sur la même période, la délinquance de voie publique recule de 12,64 % et les violences aux personnes de 7,45 %. Je félicite les services, mais il faut que cette tendance se confirme.
Propos recueillis par Isabelle Mandraud et Caroline Monnot
Article paru dans l'édition du 13.10.07
Féroce répression en Birmanie : la France doit cesser tout soutien à la junte militaire
Des manifestations populaires ont été sauvagement réprimées par la junte militaire au pouvoir en Birmanie.
Des dizaines de milliers de moines, ainsi qu'une partie de la population, protestaient contre la hausse des prix et pour la libération de la dirigeante démocratiquement élue Aung San Suu Kyi.La répression militaire aurait fait près de 200 morts et les forces de police procèdent à des milliers d'arrestations. Des monastères ont été sauvagement investis et l’Etat d’urgence décrété.
Les militaires au pouvoir suscitent par leur action inhumaine la réprobation internationale.
Le Mouvement de la Paix, fidèle à ses traditions de solidarité internationale, demande au gouvernement français d'accepter enfin de prononcer des sanctions, par le biais de l'ONU et de l'Union européenne, à l'encontre du régime militaire birman et d'exiger la libération des prisonniers politiques et le respect des Droits de l’homme.
Le Mouvement de la Paix dénonce la collusion du gouvernement français, notamment par le biais de la compagnie Total, avec la junte au pouvoir, et demande le retrait des compagnies étrangères de Birmanie jusqu'à des élections libres et démocratiques.
Il appelle chaque citoyen à manifester sa solidarité avec le peuple birman en s’adressant à l’ambassade de Birmanie :
Adresse : Ambassade de Myanmar
60 rue de Courcelles 75008 Paris
Tel. 01 56 88 15 90 – Fax. 01 45 62 13 30Saint-Ouen
Communiqué du Mouvement de la Paix - 11 octobre 2007
USA - Iran : des personnalités appellent les militaires à la désobéissance
8 octobre 2007 - « Nous, les citoyens des États-Unis, nous exhortons respectueusement, les hommes et les femmes courageux de notre armée, à refuser tout ordre d’attaquer de manière préventive l’Iran. » L’écrivain Gore Vidal, la pacifiste Cindy Sheehan, les journaliste Daniel Ellsberg Norman Solomon et Gareth porter, le chanteur Willie Nelson, le sénateur Eric Oemig et des dizaines de personnalités lancent un appel à l’insoumission.
À l’attention du Comité des chefs d’États-majors interarmes et à tout le personnel militaire des États-Unis : N’attaquez pas l’Iran.
Toute forme d’attaque préventive menée par les États-Unis contre l’Iran serait illégale.
Toute forme d’attaque préventive menée par les États-Unis contre l’Iran serait criminelle.
Nous, les citoyens des États-Unis, nous exhortons respectueusement, les hommes et les femmes courageux de notre armée, à refuser tout ordre d’attaquer de manière préventive l’Iran, une nation qui ne représente aucune menace sérieuse ou immédiate pour les États-Unis. Attaquer l’Iran, une nation souveraine de 70 millions de personnes, serait un crime de la plus grande envergure.
Appuis juridiques à notre requête de ne pas attaquer l’Iran :
Les Principes de Nuremberg, qui font partie intégrante de la législation des États-Unis, stipulent que tout le personnel militaire a l’obligation de ne pas obéir à des ordres illégaux. La section 609 du « Army Field Manual 27-10 » [NDT : Ouvrage utilisé dans la formation du personnel militaire en regard aux lois sur la guerre par exemple, la Convention de Genève], de même qu’à l’article 92 de la loi « Uniforme Code of Military Justice, » renferment ce principe. L’article 92 stipule : « Un ordre général ou un règlement est légal à moins qu’il soit contraire à la Constitution, à la législation des États-Unis... »
Toute condition d’un traité international ratifié par les États-Unis devient la loi des États-Unis. Les États-Unis sont un membre et un signataire de la charte des Nations Unies, dont l’article II, de la section 4 fait état que, « tous les membres s’abstiendront dans leurs relations internationales à la menace ou à l’utilisation de la force contre l’intégrité territoriale ou l’indépendance politique de n’importe quel état... » Puisque l’Iran n’a pas attaqué les États-Unis et puisque les États-Unis sont un membre et un signataire de la charte, toute attaque contre l’Iran menée par les États-Unis serait illégale en vertu non seulement du droit international mais aussi de la Constitution des États-Unis qui reconnaît nos traités comme Loi Suprême de notre Pays. En vous enrôlant dans l’armée, vous avez fait le serment de défendre notre Constitution.
Suivre les ordres de votre gouvernement ou de vos supérieurs ne vous relève pas de la responsabilité prévue par le droit international. Sous les Principes du Droit International reconnus dans la Charte du Tribunal de Nuremberg, la complicité dans la perpétration d’un crime de guerre est un crime en vertu du droit international.
Contexte :
Les accusations de l’administration Bush contre l’Iran n’ont pas été prouvées. Ni le développement d’armes nucléaires, ni de fournir de l’aide à l’Irak ne pourraient, si démontrés, constituer une justification pour une guerre illégale.
Une attaque contre l’Iran pourrait inciter la formidable armée iranienne à attaquer les troupes US postées en Irak. Des milliers de nos soldats pourraient être tués ou capturés comme prisonniers de guerre. Une attaque des États-Unis contre les installations nucléaires iraniennes pourrait également signifier la mort, par empoisonnement causé par la radioactivité, de dizaines de milliers d’innocents civils iraniens. Le peuple de l’Iran a peu de contrôle sur son gouvernement et finalement, il souffrirait énormément si les États-Unis devaient attaquer. Des raids de bombardement seraient équivalents à une punition collective, une violation de la Convention de Genève et feraient assurément pousser les germes de la haine pour les générations à venir. Les enfants composent un quart de la population de l’Iran.
Par-dessus tout, nous vous demandons de considérer le résultat de nos actions en Irak que les Services du renseignement des États-Unis admettent être « une cause célèbre pour les jihadistes », une situation qui n’existait pas avant que nous ayons attaqué. Nous devons faire face au fait que notre utilisation impétueuse des solutions militaires a créé plus d’ennemis et rendent les familles états-uniennes moins en sécurité. La diplomatie, et non la guerre, est la solution.
Connaître les risques inhérents au refus de suivre un ordre illégal ou en signant cette présente déclaration : Nous lançons cet appel en toute connaissance de cause et de plein gré, conscients du risque que, en violation de nos droits conférés par le Premier Amendement, nous pourrions être poursuivis sous les sections subsistantes de l’inconstitutionnelle Loi concernant l’espionnage ou de tout autre législation inconstitutionnelle et que nous pourrions être condamnés, emprisonnés ou bannis de tout emploi au sein du gouvernement.
Nous lançons cet appel tout aussi conscient du fait que vous n’avez aucune option facile. Si vous obéissez à un ordre illégal pour participer à une attaque agressive contre l’Iran, vous pourriez potentiellement être inculpés de crime de guerre. Si vous écoutez notre appel et désobéissez à un ordre illégal, vous pourriez être faussement inculpés de crime y compris de trahison. Vous pourriez être traduit à tort en Cour Martiale. Vous pourriez être emprisonnés.
Requête finale :
Nos dirigeants disent souvent que la force militaire devrait être utilisée en dernier recours. Nous vous prions de faire de cette politique une réalité et de refuser des ordres illégaux d’attaquer l’Iran. Nous promettons de vous soutenir pour protéger le public états-unien et les civils innocents à l’étranger.
Notre avenir, l’avenir de nos enfants et de leurs enfants, repose entre vos mains.
Vous connaissez les horreurs de la guerre. Vous pouvez empêcher la prochaine.
Sincèrement.
Voir la liste des signataires : http://contreinfo.info/article.php3?id_article=1320
Plus d'infos : http://www.dontattackiran.org
Voir une animation montrant l'impact d'une attaque nucléaire sur l'IranPublication originale Don’t Attack Iran, traduction de Dany Quirion pour Alter Info
Les centres de rétention, « camps » pour étrangers ?
Un résident le 5 décembre 2006 du Centre de Rétention
Administrative (CRA) du Canet à MarseilleLe mot est lâché, choquant et lourd de sens : les centres de rétention administrative sont en train de devenir des « camps » pour clandestins. La Cimade, seule association autorisée à pénétrer dans ces lieux de contention, a dénoncé hier lors de la présentation de son rapport annuel la « logique absurde » des pouvoirs publics : « faire du chiffre, toujours plus de chiffre ». « Le problème n'est plus l'état des centres de rétention, mais leur développement quasi industriel qui tend à les transformer en camps, soumis à un régime carcéral », estime Laurent Giovannoni, secrétaire général de la Cimade.
Selon le rapport, 31 232 personnes ont été retenues en 2006 contre 28 220 en 2003. Six nouveaux centres, sur 23 au total, ont ouvert depuis l'an dernier, certains pouvant accueillir jusqu'à 140 personnes y compris des familles avec des enfants en bas âge. A l'augmentation du nombre de places - de 786 en 2002 à 1 500 en 2006 - s'ajoute celle de la durée maximale de rétention, portée de 12 à 32 jours en 2003. La Cimade estime que la rétention, théoriquement exceptionnelle, est devenue une « machine à reconduire » insensée. « Elle est éthiquement inacceptable, politiquement inefficace car elle ne régule pas les flux migratoires et crée des désastres humains en installant un climat de terreur chez les sans-papiers », explique Damien Nantes, responsable de l'association. Un pavé dans la mare au moment de l'examen parlementaire de la nouvelle loi sur l'immigration.
Bastien Bonnefous - 20 Minutes, éditions du 05/10/2007
Les Désobéissants du Nord-Est démontent le futur centre de rétention de Bologne
Action de sabotage et désobéissance contre les lois racistesItalie. Après la manifestation ayant réuni plus de cent cinquante mille personnes à Rome la semaine dernière contre le projet de loi sur l’immigration du gouvernement Berlusconi, les Désobéissants de Nord-Est sont passés à l’action vendredi 25 janvier. Leur cible, le futur centre de rétention encore en construction qui aurait du ouvrir prochainement dans les faubourgs de Bologne.
Par une action surprise, une centaine de Désobéissants se sont réunis devant l’édifice vers midi. Une partie d’entrée eux est entré dans ce centre, semblant la copie conforme de celui de Milan (Via Corelli) alors que d’autres bloquaient la rue ; parmi eux de nombreux parlementaires (Verdi) venus soutenir cette action.
L’action des Désobéissants avait un seul but : saboter ce camp de la honte !
C’est ainsi que les barres d’acier formant de véritables cages, devant servir de cellules pour les sans papiers, étaient démontées puis portées au milieu de la rue.En moins d’une heure, le centre de rétention fut totalement quadrillé par les forces de l’ordre et la tension monta aussitôt. Le groupe qui était resté dehors décida dès lors de s’opposer aux forces de l’ordre décidées d’entrer de force dans le centre de rétention. Les parlementaires s’interposèrent et sommèrent les flics de rester calmes et de ne pas user de violences.
Après cette barricader à l’intérieur, les Désobéissants décidèrent de sortir ayant démonter tout ce qu’ils pouvaient. Mais les forces de l’ordre ne l’entendirent pas ainsi. Si dans un premier temps un groupe réussit à sortir sans encombres en criant " Nous sommes tous des clandestins ", le reste de la " troupe " se trouva rapidement bloquée par les flics qui rapidement réussirent à pénétrer dans l’enceinte du centre et à charger violemment la plupart des activistes pris au piège. Certains d’entre eux réussirent à sortir en escaladant les murs d’enceinte, d’autres moins chanceux furent tabasser sans retenue (y compris les parlementaires). De nombreuses ambulances arrivèrent rapidement sur les lieux et emportèrent les premiers blessés.
Après deux heures de fortes tensions, l’ensemble des désobéissants a réussi à quitter les lieux après que la police ait contrôlé leurs identités (il va sans dire qu’ils seront tous poursuivis légalement...). Malgré la violence subie, tous les Désobéissants décidèrent de partir en cortège spontané vers le centre social, " il Teatro Polivalente Occupato " afin de communiquer à la société civile bolognaise l’action à peine achevée et les nouvelles violences policières subies.
A ce titre, les parlementaires présents ont décidé de porter ce débat à la Chambre des Députés sous forme d’interrogation parlementaire. Le communiqué de presse de la parlementaire des Verdi de Venise, Luana Zanella, anticipait le contenu de la prochaine intervention au Parlement : " des manifestants qui sortaient du centre de rétention, à peine occupé, les mains en l’air ont été agressés froidement, à coups de matraque. Il s’agit de violences injustifiées à l’égard de personnes qui, au travers du démontage d’une structure de détention retenue par de nombreuses personnes inconstitutionnelles, voulaient apporter leur solidarité aux milliers de migrants vivant et travaillant dans notre pays et contraints à la clandestinité par une normative absurde et punitive. La situation vécue à Bologne me rappelle les violences policières dont j’ai été témoin à Gênes et annonce, de manière préoccupante, l’attitude que le gouvernement à décider d’adopter avec l’approbation du projet de loi Bossi-Fini sur l’immigration ".
Ludovic Prieur, article réalisé à partir des sources fournies par Sherwood Comunicazione
Source/auteur : samizdat.net
Antipub : Le Collectif des Déboulonneurs a déjà vécu cinq procès en cette année 2007
Communiqué du 24 Septembre 2007
Le Collectif des Déboulonneurs a déjà vécu cinq procès en cette année 2007 (Paris, Alès, Rouen, Lyon x2), à l’issue desquels la justice a clairement reconnu la légitimité de la désobéissance civile antipublicitaire, en rendant des jugements extrêmement cléments : entre autres, 1€ symbolique d’amende à Paris et à Rouen, et une dispense de peine à Lyon.L’opinion publique, quant à elle, est de plus en plus sensibilisée aux dommages écologiques et psychologiques liés aux techniques publicitaires sous toutes leurs formes. Las ! Pendant ce temps, à Paris notamment, les responsables politiques pérennisent l’envahissement de l’espace public par l’affichage, avec le système de vélos en libre service Vélib’ comme parfait alibi.
En autorisant notamment, dans le nouveau Règlement local de Publicité (RLP) qui doit être finalisé le 27 septembre, la généralisation des panneaux défilants sur les dispositifs dits de « mobilier urbain », c’est à une véritable explosion du nombre de publicités (environ + 220 %) que nous assistons. Cela, avec le cortège de pollutions qui l’accompagne : pollution visuelle du paysage par les messages commerciaux ; perturbation de l’esprit du citadin par des dispositifs mobiles dans le champ de vision ; pollution énergétique pour ces panneaux qui consomment chacun, en moyenne, autant d’électricité qu’un ménage français.
Assez de ces RLP calamiteux, qui bien trop souvent aggravent des situations déjà désastreuses ! C’est la loi nationale de 1979 sur l’affichage qui doit être entièrement refondue et renforcée, et qui doit ensuite prévaloir, pour que cesse enfin le scandale de l’affichage publicitaire en France.
Nous demandons :
- la suppression de toutes les affiches dont la taille dépasse 50x70cm (taille maximale de l’affichage associatif et politique à Paris),
- des dispositifs de 2m² maximum, en nombre limité, fonction du nombre d’habitants de chaque commune,
- la suppression de tous les dispositifs lumineux, déroulants, sonores, odorants.Collectif des Déboulonneurs : Contact presse : Nicolas - 06 62 60 06 12
deboulonneurs.paris[a]no-log.org / http://www.deboulonneurs.org
Non-violence : l’arme du futur ?
Grâce aux actions médiatiques de désobéissance civile, la contestation non-violente devient de plus en plus populaire en France. Une alternative efficace à la lutte armée est en train de s’organiser durablement.
Témoignage Chrétien, 20 Septembre 2007 - Prenons l’exemple du mouvement des Enfants de Don Quichotte, l’hiver dernier. Pendant quatre mois, les tentes des sans abris ont occupé pacifiquement les rives du canal Saint-Martin à Paris, puis d’autres lieux symboliques dans d’autres villes (Toulouse, Strasbourg…). Aucune violence, mais un énorme succès médiatique et, au final, l’adoption de la loi sur le droit au logement opposable. Une petite victoire. On peut également citer les barbouillages mensuels des panneaux publicitaires organisés, à visage découvert, par le Collectif des Déboulonneurs. Ou les interventions des parents d’élèves en faveur des écoliers sans papiers, dans le cadre du Réseau éducation sans frontière. Des manifestations similaires, on en compte des dizaines en France, dans la lutte contre l’injustice sociale ou contre la pollution des 4x4, chez les faucheurs d’OGM ou les antinucléaires... Point commun de toutes ces actions : elles utilisent la non-violence comme une arme, pour exprimer leur refus d’obéir à certaines lois, jugées injustes. Et ça marche ! « Les mouvements de désobéissance civile sont une excellente opportunité pour amener une réflexion sur la non-violence en France », estime Jean-Marie Muller, philosophe, qui travaille sur ce thème depuis plus de 30 ans (1). Lentement, le regard sur la non-violence est en train de changer. Le glissement est progressif, mais bien réel. « Il y a vingt ans, c’était un thème marginal, reconnaît Jacques Sémelin, historien et psychologue (2). Il y a bien eu le Larzac, dans les années 1970, on en a beaucoup parlé à l’époque, mais l’action était cantonnée à ce combat et quelques autres. Aujourd’hui, la non-violence est présente dans la plupart des formes de contestation, elle est plus diffuse. Le thème commence même à susciter respect et considération ». Soixante ans après la mort de Gandhi, il était temps !
Stages de désobéissance
La non-violence s’organise. Elle disposait déjà de théoriciens au sein du Mouvement pour une alternative non-violente (MAN) – association dont l’objectif est de promouvoir cette philosophie dans l’éducation, les tensions sociales ou les conflits internationaux. Depuis 1974, le MAN organise des séminaires de « régulation non-violente des situations conflictuelles » de la vie quotidienne. Une étape supplémentaire est franchie avec les « stages d’action directe non-violente », proposés tous les mois depuis décembre 2006 par le collectif des Désobéissants. Ces week-ends de formation pratique s’adressent aux militants pacifiques, qu’ils soient écologistes, intermittents du spectacle, fans de José Bové, membres de la BAC (Brigade activiste des clowns), salariés intégrés ou rebelles du système… Bref, à tous ceux qui contestent le capitalisme financier qui grignote les relations humaines. « L’idée de la non-violence commence à devenir évidente dans les actions militantes, constate Xavier Renou (3), l’organisateur de ces week-ends. Même dans les milieux libertaires, qui dénigraient ces théories jusqu’à présent ». Le mouvement No Pasaran, réputé pour ses positions dures et sans concession, vient de réserver une session de formation pour l’hiver prochain. « Bon, ça ne veut pas dire qu’ils renoncent complètement à la violence, tempère Xavier Renou. Mais ils reconnaissent la légitimité, et l’efficacité, de ce moyen de lutte ».Culture de la violence
C’est déjà beaucoup. Car la culture de la violence reste forte, particulièrement en France. « Un héritage de la Révolution de 1789, de la Commune, de la Résistance… Il n’y a qu’à regarder les défilés militaires du 14 juillet pour voir comment les Français sont fascinés par l’armement », regrette Jean-Marie Muller. Au passage, ce « chrétien dissident » lance une pique contre l’église, qui « ne fait pas son travail sur ce sujet, par exemple quand elle accepte le concept de guerre juste » (Mais il reconnaît également qu’elle commence à mettre de l’eau dans son vin, en citant l’éloge inhabituel à la non-violence fait par Benoît XVI, le 18 février dernier, lorsqu’il a placé le texte de l’évangile sur l’amour des ennemis comme la magna charta de la non-violence).Conséquence de cette dominance de la culture de la violence : la non-violence est encore assimilée à une lâcheté. « Or, il s’agit plutôt d’un acte de courage face au viol de la dignité humaine que constitue la violence », estime le philosophe. Xavier Renou, qui a participé à des actions violentes dans sa jeunesse, quand il militait dans les mouvements antifascistes, considère aujourd’hui que « la violence mène à l’échec, elle est contre-productive ». Il a trouvé dans la désobéissance civile non-violente une forme d’action bien plus efficace : « Elle demande plus de détermination que signer des pétitions ou participer à des manifs, car elle peut entraîner des conséquences lourdes : procès, amende, prison… Mais elle a mené a de nombreuses victoires, dans la lutte contre l’apartheid, contre le communisme, ou récemment lors de la révolution Orange en Ukraine. Le problème, c’est que cette culture est très mal connue en France, elle n’est pas enseignée ».Ludique
En effet, la non-violence a une histoire à la fois longue et discrète. Enracinée dans les différentes spiritualités, théorisée par La Boétie au XVIème siècle ou l’Américain Henry David Thoreau au XIXème siècle, ce n’est qu’au XXème siècle qu’elle est vraiment devenue politique, avec les actions de Gandhi et de Martin Luther King. « La non-violence n’a jamais disparu des luttes sociales ou environnementales, considère Xavier Renou. Seulement, elle n’était plus visible en France dans les années 1980 et 1990 ». Pour le militant, ce sont les mouvements de protestation contre l’Organisation mondiale du commerce, à Seattle en 1999, qui l’ont remise au goût du jour. « La création du mouvement altermondialiste a rappelé qu’on pouvait modifier le rapport de force sans passer forcément par la lutte armée ». Peu à peu, le principe de non-violence s’est installé dans l’air du temps. Il a gagné la sympathie des médias. « Nous sommes en train de renouer avec les techniques de résistance non-violente d’il y a trente ans, après une période d’oubli dans les années 1980 1990 », estime Xavier Renou. Avec une dimension plus visuelle, plus spectaculaire, plus humoristique. « La société a évolué. L’image prend une place plus importante, il faut s’en servir pour intéresser l’opinion publique. Aujourd’hui, on introduit davantage de ludique dans nos actions. Et on essaie de prendre du plaisir à lutter. C’est important pour durer et arriver réaliser nos objectifs. On a des convictions, d’accord, mais on n’est pas des moines soldats ! »
Guillaume Jan
(1) Auteur du Dictionnaire de la non-violence (Le Relié poche)
(2) Auteur de La non-violence expliquée à mes filles (Seuil)
(3) Auteur de La privatisation de la violence (Agone)
De la désobéissance civile à la non violence
Plutôt que de faire la révolution par les armes, les désobéissants préfèrent enfreindre, ou détourner, les lois qu’ils jugent iniques. C’est le principe de la désobéissance civile, d’abord théorisé par l’Américain Henry David Thoreau en 1849, lorsqu’il a refusé de payer une taxe destinée à financer la guerre contre le Mexique, puis mis en application par les mouvements non-violents. Depuis quelques années, les actions médiatiques et populaires des mouvements altermondialistes lui donnent une nouvelle jeunesse en France : démontage du fast-food de Millau, arrachage des plans transgéniques, occupation d’appartements vides pour dénoncer les difficultés d’accès au logement… Ces « délinquances de solidarité », appliquées par toutes les catégories de la population (intellectuels, étudiants, parents d’élèves, retraités, ouvriers…) choisissent d’utiliser la non-violence pour arriver à leurs objectifs. Est-ce ainsi qu’on met en place une révolution de velours ?
1900-2000, un siècle de non-violence
1906, Afrique du sud : Gandhi lance sa première campagne de désobéissance civile contre les discriminations subies par les indiens en Afrique du Sud. En 1930, rentré en Inde, il lance la « marche du sel », pour critiquer l’impôt colonial imposé par les anglais sur le sel.
1955, Etats-Unis : Le pasteur baptiste Martin Luther King organise le boycott des autobus de Montgomery (Alkabama) pour dénoncer le racisme subi par les Noirs.
1977, France : Marche des paysans du Larzac pour protester contre l’extension d’une base militaire dans la région. Les luttes non violentes s’étalent sur dix ans, de 1971 à 1981, et finissent par faire céder le gouvernement
1980, Pologne : Après plusieurs semaines de grèves, les accords de Gdansk reconnaissent Solidarnosk, premier syndicat indépendant dans un régime communiste. Son leader, Lech Walesa, obtient le prix nobel de la paix en 1983.
1989, Allemagne. La chute du mur de Berlin précipite sans violence la fin de l’URSS. La même année, en Chine, quelques manifestants tentent de faire entendre leur voix sur la place Tienanmen.
1999, Etats-Unis : A Seattle, les manifestants contre l’OMC donnent l’impulsion au mouvement international des altermondialistes, contre les effets négatifs de la mondialisation de l’économie.Source : Centre de ressources sur la non violence (www.non-violence-mp.org)
3 questions à Xavier Renou
Membre fondateur du collectif des désobéissants, Xavier Renou, 34 ans, est l’organisateur du deuxième festival non-violent Peace and Landes, qui se tiendra du 21 au 23 septembre près d’Arcachon.
Quelle est l’ambition de ce festival ?
Comme l’an dernier, nous l’organisons près du Centre d’essai des Landes, où est testé le missile nucléaire d’attaque M51. Notre objectif est de montrer notre opposition à la relance de l’arme de l’arme nucléaire. Mais le festival est aussi une manière de faire converger nos luttes autour du désarmement nucléaire, avec un public venu d’horizons très divers. Lors de la première édition, l’an dernier, nous avons essayé de mener une action non-violente pour retarder les essais. Mais nous étions mal préparés. Je me suis rendu compte que nous avions besoin de formation pour mener à bien ce type d’action, c’est là que j’ai eu l’idée d’organiser les stages d’action directe non-violente.
Quel sera le programme de Peace and Landes ?
Des concerts (No one is innocent, Ministère des Affaires populaires, Karpatt…), du théâtre, des débats... On prévoit aussi quelques actions non violentes, pour bloquer les essais autour de ce missile. On cherche à associer la fête à l’information et à l’action.
Quels sont les projets du collectif des désobéissants ?
Continuer les stages d’activisme non-violent, on en a de prévus jusqu’au printemps prochain. On envisage également d’organiser un camp d’été des alternatives énergétiques, en 2008. Et bien sûr, on maintient notre combat contre la construction de nouvelles armes nucléaires d’attaque.Festival Peace and Landes, du 21 au 23 septembre à La Teste de Buch (33).
Apprendre à désobéir pacifiquement
Désamorcer un face à face houleux avec les CRS, occuper une usine de produits chimiques sans mettre en danger son personnel, se promener tout nu pour perturber un cortège officiel… Pour qu’elles soient efficaces, les manifestations non-violentes ne doivent pas s’improviser. « Plus on est préparés aux conséquences possibles de nos interventions, plus on sera forts dans l’action », expliquent les formateurs des « stages d’action directe » proposés au moins une fois par mois, dans tous les coins de France, par le collectif des Désobéissants (www.desobeir.net). Pour 45 euros (repas végétariens inclus), on y enseigne le b.a-ba de la résistance pacifique. Avec des simulations de confrontation avec les forces de l’ordre pour comprendre comment chacun réagit dans ces situations et apprendre à désamorcer toute escalade de violence. Les stages proposent aussi des ateliers bricolage où chacun apprend à se confectionner sa panoplie de manifestant : cadenas pour s’attacher aux grilles d’une usine par exemple, morceaux de moquette pour se protéger des coups, peinture ou colle (enduites sur les vêtements) pour déstabiliser les forces de police venus vous déloger… L’objectif étant de tenir le plus longtemps possible sur une action et d’obtenir une visibilité médiatique pour relayer le message. A terme, ces formations ont pour ambition de constituer un vivier de militants pacifistes, capables d’intervenir efficacement dans différentes actions. Une sorte d’armée non-violente.
Menaces sur un mariage
LA TESTE-DE-BUCH. -- Les opposants au missile M51 entendent faire parler de leur combat à l'occasion du second Festival Peace and Landes
Les hasards du calendrier font parfois bien (ou mal) les choses. A l'heure d'organiser le second Festival Peace and Landes, les 21, 22 et 23 septembre au Parc des expositions de la Teste-de-Buch, les membres du collectif Non au M51 n'imaginaient pas que le porte-parole de l'Elysée, David Martinon, allait leur offrir une formidable opportunité de faire parler de l'événement.
Hier à Bordeaux, lors d'une conférence de presse prévue pour annoncer le programme du festival, Xavier Renou (Non au M51), Stéphane Lhomme (Sortir du nucléaire), Dominique Blanchard (Les Verts) et Jean-Marie Thonnier (LCR) n'ont pas manqué de marquer la date du 22 d'une croix blanche.
Ce jour-là, ils prévoient de « s'inviter » au mariage de David Martinon, à Arcachon. Il faut dire que Cécilia Sarkozy sera présente, en qualité de témoin. Tablant sur la venue de son président de mari, les antinucléaires espèrent bien faire entendre leur voix contre le rapprochement effectué avec le colonel libyen Muammar Khadafi.
« Inspections citoyennes ». Le Festival Peace and Landes est destiné à dénoncer la politique nucléaire française. Ses organisateurs ont donc prévu plus d'une action. Comme l'an dernier, « l'inspection citoyenne » du Centre d'essais des Landes de Biscarosse figure en bonne place sur le programme du week-end.
L'an dernier, plusieurs personnes avaient pénétré sur le site militaire qui accueille le pas de tir du M51, un missile conçu pour lancer des bombes atomiques sur de grandes distances. L'objectif, cette année, est de parvenir à le prendre en photo car, selon Stéphane Lhomme, « la France viole le traité de non-prolifération nucléaire signé en 1992 ».
Entre musique, forums et autres actions « secrètes », les organisateurs souhaitent rassembler contre la relance de l'arme nucléaire en France, qui « passe inaperçue ». Rien de tel pour cela qu'une belle cérémonie de noces à Arcachon.
Sud-Ouest - 5 septembre 2007 - Benjamin Deudon
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Apprendre à désobéir
Depuis 2006, un collectif de militants multicauses propose des stages d’activisme non violent et invente des façons de dénoncer ce qui cloche dans la société.
Grand Angle - Par LAURE NOUALHAT - Libération jeudi 30 août 2007
Bure (Meuse) envoyée spéciale
Sous la bruine de Lorraine, une brochette de militants antinucléaires bloque l’entrée d’un centre de stockage de déchets radioactifs. Décontractée, la police dégage les militants en vingt minutes. Le tout dans la franche rigolade. Car ce jeu de rôles grandeur nature clôture un stage un peu spécial organisé par le Collectif des désobéissants. Inspirés par Henry David Thoreau et Gandhi, révoltés par la société de consommation, le réarmement nucléaire, les OGM, la pub, les bagnoles qui polluent, l’injustice sociale, la biométrie, bref, révoltés par le monde tel qu’il tourne, ces militants-stagiaires se perfectionnent à la contestation. On les a vus, dans les manifs altermondialistes, inventer de nouvelles formes de luttes, ludiques, colorées mais déterminées. Ainsi, la Brigade activiste des clowns a «karchérisé» la mairie de Neuilly-sur-Seine qui ne respectait pas les 20 % de logements sociaux imposés par la loi SRU. Ou encore, le collectif Jeudi noir dénonce la crise du logement en débarquant, champagne en main, pour faire la fête dans des appartements à louer, généralement minuscules et hors de prix.Atelier barbouillage de pub
Désobéir s’apprend. Voilà pourquoi le collectif (www.desobeir.net), créé fin 2006 par un ex-salarié de Greenpeace, prodigue des stages d’initiation et de perfectionnement à l’activisme non-violent. Après une action semi-ratée contre le premier tir français de missile M51, Xavier Renou écrit un manifeste du désobéissant. « En rentrant à Paris, je me suis dit qu’il nous fallait plus de formation et, surtout, faire converger les luttes», raconte le fondateur d’un collectif qui rassemble des écologistes, des pacifistes, des intermittents du spectacle, des chômeurs, des salariés… Pour 45 euros, durant deux jours, les stagiaires fomentent des manifs contre les OGM, trament un barbouillage de pub, préparent un sit-in pacifiste. Sous une grange retapée, le stage se décline en divers ateliers. Celui consacré aux risques juridiques balaie ce qu’encourent les activistes. Ici, l’illégalité semble légitime. « Les problèmes que nous dénonçons sont tellement énormes (OGM, nucléaire…) qu’il faut employer autre chose que des moyens légaux pour se faire entendre», se défend Bénédicte. Avant toute chose, la désobéissance civile prônée ici est non-violente. Mais chacun a sa propre définition de la violence : consensus dans le groupe sur la violence physique, mais quid des violences symboliques et psychiques ? « Qu’est-ce qui est violent, l’action ou le ressenti ?», interroge un stagiaire. « Humiliation, séquestration, certains d’entre nous ne veulent pas exercer de violences psychiques», précise Xavier Renou.«Travailler son style»
Si certains n’hésiteraient pas à bloquer la chaîne de montage d’une usine de 4x4, d’autres refuseraient catégoriquement de retenir le patron d’une firme de biotechnologies, ou de faucher des OGM sous les yeux de celui qui les a plantés.
Le stage enfonce quelques portes ouvertes, notamment sur la préparation des actions. Bien se préparer et avoir confiance dans les membres de son groupe constitue un rempart contre le raté. « Comme Arsène Lupin, il faut travailler son style, sourit Valérie (lire ci-contre). Et toujours, prévoir un plan B.» Audace, humour, ces militants sont des créatifs de la résistance. « Votre seule limite est votre imagination», prévient le formateur, avant de raconter l’histoire de ces Espagnols venus bloquer la base militaire nucléaire de Faslane (Ecosse). En renversant des pots de peinture rouge sur leur combinaison, ils ont désarçonné les policiers écossais qui ne les ont pas touchés. Pourquoi ? C’est à eux qu’incombe la tâche de laver leur uniforme. L’atelier médias retient toute l’attention des stagiaires. Signe des temps, les actions sont pensées pour informer et donc pour «plaire» aux médias. «L’image compte beaucoup quand on cherche à atteindre l’opinion publique», poursuit Xavier Renou. Ce qui est le cas du fauchage volontaire, idéalement formaté pour la télé et qui a permis de faire entendre la cause des opposants aux OGM. Mais pour faire une image, il faut durer. L’atelier Sit-in file des trucs et astuces pour enquiquiner les forces de l’ordre : faire un bon poids mort, s’assembler en tortue (groupe de minimum cinq manifestants aux membres savamment entremêlés). Puis on apprendra à bricoler le fameux arm-lock, un tube en acier très utile pour s’auto-enchaîner à des voies ferrées ou à des engins de chantier. Les désobéissants l’apprécient d’autant plus qu’il oblige les forces de l’ordre à recourir à un outillage spécial, ce qui prend du temps.Guy Wan der Pepen, 73 ans, ancien agriculteur, militant altermondialiste. Il ne faut se fier ni à son âge ni à ses yeux bleu piscine. Ce gars aux allures de vieux scout est un récidiviste, condamné à deux mois de prison avec sursis et à 1 500 euros d’amende pour avoir fauché des cultures OGM en 2005. Comme Guy a remis ça en 2006, il risque désormais trois mois ferme. Mais il ne regrette rien. Pire, il est prêt à recommencer. Ce week-end, il était à Verdun-sur-Garonne avec ses copains faucheurs, une seconde famille devenue son « moteur» au fil des années de lutte. « J’ai connu l’Occupation pendant la Seconde Guerre mondiale. A cette époque-là, on n’a pas hésité à résister, plutôt violemment d’ailleurs. Même s’il est difficile de faire l’analogie avec 39-45, je pense qu’il faut entrer en résistance contre la dictature économique. D’année en année, on perd nos droits, on assiste à une régression sociale et à l’enrichissement des forces financières. Aujourd’hui, la misère remplace la pauvreté.»
Le stage lui a permis de partager sa détermination : « On peut gagner avec la non-violence.» Concrètement, il a appris qu’il valait mieux garder le silence, une fois au poste de gendarmerie. « C’est dur, on a tellement envie de leur expliquer les raisons de nos actes. Parfois, j’ai senti que certains étaient de notre côté.» Il a désobéi pour la première fois à Namur en 2001 en fauchant une parcelle OGM. Issu d’une famille d’agriculteurs très croyants, Guy a été aviculteur pendant vingt ans à Hestrud (Nord) jusqu’en 1975. « Au début des Trente Glorieuses, j’ai investi dans l’agriculture industrielle.» Ses milliers de poules pondaient agglutinées les unes aux autres. Insatisfait de leur sort, il adhère aux Paysans travailleurs, l’ancêtre de l’actuelle Confédération paysanne, puis las, devient ambulancier jusqu’à sa retraite, prise il y a onze ans.
Sa femme et sa fille préféreraient le voir biner son potager, mais Guy ne désarme pas. « Nous devons reconquérir notre citoyenneté, devenir des grains de sable dans les rouages de l’économie libérale.» Depuis 2002, il vote blanc ou nul : «Je ne peux pas donner ma voix à des traîtres qui sont à la botte des puissances économiques.»Stéphane Didelot, 34 ans, professeur de menuiserie, et Fanny Exertier, 28 ans, psychologue. Venir au stage semblait tout naturel à Fanny et à Stéphane. Cette petite brune est issue d’une famille militante antinucléaire qui a défilé à Creys-Malville en 1977. « Moi, c’est l’élection de Sarkozy qui a déclenché le truc. Je me suis dit qu’il fallait s’engager.»
Ils ont tous les deux créé un groupe antinucléaire dans les Vosges, à Epinal. Le stage de désobéissance leur a révélé leurs limites. Séquestrer un patron dans ses bureaux, faucher une parcelle OGM en présence de l’agriculteur, autant d’actions que le couple fraîchement pacsé n’est pas sûr de pouvoir assumer. « Le stage m’interroge sur ma capacité à devenir activiste. Je ne veux pas rester dans le confort de notre petite vie, ne rien faire, mais je me demande comment vivre notre engagement politique », interroge la jeune psy.
Leur casier judiciaire est vierge et ils tiennent tous deux à ce qu’il le reste. « Sur certaines actions, on se contentera de tenir les banderoles et d’informer les gens !» prévient Stéphane qui, contrairement à Fanny, n’a pas eu de parents militants. « Agir, manifester, s’engager, c’est déjà se marginaliser un peu face à l’entourage», plaide-t-il.
En tant que délégué CGT dans son lycée, il reconnaît les limites de l’action syndicale traditionnelle, et l’atelier sur les médias l’a particulièrement intéressé. « Les tracts à l’ancienne, c’est fini. Il faut inventer de nouvelles façons d’attirer l’attention des médias, sinon, on passe inaperçus.»Valérie Marinho de Moura, 38 ans, intermittente du spectacle. «Pour vivre ses idées, il faut être dans l’action.» Sous des airs angéliques, Valérie cache une détermination sans faille. Cette comédienne a grandi dans une famille écolo «plutôt de droite». Au menu de son enfance, quelques manifs contre la torture animale, mais un point de vue pronucléaire. Elle a cherché longtemps une justification au positionnement politique de ses parents. A leur « vision colonialiste du monde». Sa mère, aujourd’hui décédée, se disait pour l’Algérie française tandis que son père pilotait des avions de chasse sous la dictature de Salazar, au Portugal.
En 1998, ses interrogations la conduisent à l’association Survie qui milite en faveur de l’assainissement des relations franco-africaines. Elle s’ouvre à d’autres causes : les sans-papiers, les chômeurs.… Elle coanime les stages de désobéissance civile et se consacre à ses engagements politiques. L’action militante lui permet de ressentir ce qu’elle a lu (François-Xavier Verschave sur la «Françafrique», Edgar Morin, Patrick Viveret, Alain Denault). «L’organisation de la pensée doit rester en mouvement et l’action désobéissante permet de faire circuler les idées.»
Jusqu’au début de l’année, Valérie travaillait dans des sociétés de production audiovisuelle. «J’y ai vu et entendu des choses qui me déconcertent, notamment de la part de gauchos embourgeoisés, malhonnêtes, aux discours bien pensants à des années-lumière de ce qu’ils vivent.» Elle «récupère», découvre la joie profonde de vivre en cohérence avec ses idées, parmi des gens qui la rassurent. Elle collabore avec une compagnie de théâtre qui monte des spectacles pour Chaillot. Comédienne, elle a joué dans des pubs, «ce qui ne [lui] viendrait même plus à l’idée». Dans une fausse manif de droite, organisée par les Désobéissants, déguisée en «pétainiste», elle scandait «la solidarité, c’est dé-pas-sé» ; elle s’est coiffée d’un bonnet phrygien, pour jouer une Marianne sanglante, pendant une action dénonçant le rôle de la France dans le génocide rwandais. «Je crée mes propres héros, je joue ce qui me fait vibrer.»
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Communiqué du 19 juin 2007
Flagrant délit pour la France : des inspecteurs citoyens empêchent in extremis un nouveau tir du missile nucléaire d’attaque M51 !
Biscarrosse, Centre d’Essais et de Lancement de Missiles des Landes.
Dernière minute : à 17 Heures ce jour, plusieurs inspecteurs arrêtés, le tir du missile n'a pas eu lieu
Ce jour, plusieurs équipes d’Inspecteurs citoyens du collectif « Non au missile M51 » ont procédé à l’inspection inopinée du Centre d’Essais et de Lancement de Missile des Landes. La cellule d’investigation du collectif avait en effet pu découvrir qu’un nouveau tir d’essai du missile nucléaire d’attaque français, le M51, était prévu ce matin à 9 h 00, dans le plus grand secret. Constatant le flagrant délit de violation de l’article 6 du Traité de Non Prolifération, rejoint par la France en 1992, les Inspecteurs ont immédiatement interrompu le tir et s’emploient en ce moment même à collecter les preuves du crime contre le droit international et la paix préparé au Centre d’Essais et de Lancement de Missiles des Landes.
L’inspection s’est déroulée dans des conditions extrêmement difficiles : des centaines de gendarmes et autant de militaires avaient été prédisposées depuis la veille et toute la nuit à toutes les intersections et chemins de randonnée des abords du Centre d’Essai et de Lancement de Missiles des Landes. Malgré l’interpellation d’une partie des inspecteurs à l’intérieur et à l’extérieur du CELM, le tir a été bloqué ce jour.
« Ces tirs d’essai préparés à l’insu des populations constituent de véritables provocations contre la paix », déclare Pierre Villard, porte-parole du collectif « Non au missile M51 ». « On ne peut pas à la fois accuser l’Iran de vouloir se doter de la bombe et menacer ce pays avec un nouveau missile d’attaque qui pourrait opérer des frappes nucléaires soi-disant « chirurgicales » sur la population iranienne. Encore une fois, la France joue au pompier pyromane en s’autorisant à violer ouvertement la lettre et l’esprit du Traité de Non Prolifération. Y aurait-il deux poids deux mesures pour le respect du droit international ? »
Avec le missile nucléaire d’attaque M51, la France cherche à se doter d’une arme de destruction massive capable de frapper des cibles situées à plus de 6000 km. Comme le présentait Jacques Chirac dans un discours prononcé sur la base nucléaire de l’Ile Longue (Brest), le 19 janvier 2006, l’objectif est clair : il s’agit de pouvoir frapper à l’arme nucléaire (avec des têtes nucléaires de puissance réduite, les mini-nukes) les sites stratégiques (militaires, mais aussi industriels ou politiques) d’une puissance régionale pas nécessairement dotée de la capacité nucléaire, mais qui nuirait d’une façon quelconque à nos « approvisionnements stratégiques », notamment pétroliers…
Pour Pierre Villard « Après les annonces d’intention des USA d’installer dans plusieurs pays d’Europe des bases du programme de son défense anti-missile, cette tentative d’essai ajoute à l’instabilité internationale. Il devrait vraiment y avoir d’autres priorités pour le nouveau Président de la République »« Il est urgent d’arrêter le programme M51 et de réaffecter ses 15 milliards d’Euros à des dépenses qui favorisent véritablement la paix et la justice, par exemple dans la satisfaction des besoins sociaux ou le domaine de l’énergie, en encourageant la substitution des énergies renouvelables aux énergies fauteuses de guerre » conclut Pierre Villard.
Contact : Pierre Villard, porte-parole du collectif « non au missile M51 » : 06 82 92 29 46.
En cas d’impossibilité : Xavier Renou : 06 64 18 34 21Toutes les informations sur la campagne contre le M51 sur www.nonaumissileM51.org
Lorsque le Préfet des Landes craint des "inspections citoyennes désobéissantes"
Menaces d'intrusion au Centre d'Essais de Lancement de Missiles des Landes
A voir absolument, l'arrêté préfectoral qui se substitue aux maires pour interdire pendant une semaine toute circulation sur les plages de plusieurs communes, toute baignade, toute activité nautique, toute promenade, et toute circulation dans les alentours du CELM :
Mais de quoi ont-ils peur ?
25-26 avril : près de 200 intermittents, chômeurs, précaires et désobéissants ont occupé les locaux et le toit de l'UNEDIC... Voir la video ici
6 MAI...
Réhabiliter l'autorité et le travail, ces mots prononcés le 6 mai, date d'entrée dans les années de plomb françaises vous rappellent quelque chose ?
Rafles, rétention, détention arbitraire, ces actes déjà perpétrés vous évoquent un passé sombre.
Délation, censure, contrôle, prédisposition génétique vous ramènent à une époque que vous ne pensiez jamais connaître...
La mémoire de l'Etat Français est en passe de remplacer l'héritage de mai 68 ; travail, identité nationale, Tout sécuritaire, la nouvelle devise de la France ;
L'esprit de la Résistance doit encore souffler sur le pays ;
A tout-e-s ceux, celles qui crient "PAS EN MON NOM", une autre voie est possible ;
Organisons-nous, rassemblons-nous sous la bannière de la liberté et des droits de l'homme ;
Le front du refus est en marche, la désobéissance civile sera notre arme ;
Ensemble nous lutterons, ensemble nous rétablirons la paix et la justice sociale pour qu'enfin l'on puisse dire, et imposer, le PLUS JAMAIS CA
Manif de droite : une manifestation entre gens de bon goût
"Le clergé avec nous"... "Nous sommes fiers/ des violences policières"... "La cul-ture ça donne mal à la tête"..."travail, famille, Sarkozy": un